Thème
Améliorer le climat des affaires pour les investissements et projets structurants UE–Cameroun.
Contexte
Le Cameroun dispose d’atouts majeurs – taille du marché, position de porte d’entrée de l’Afrique centrale, ressources naturelles, potentiel énergétique, diversité agricole et capital humain – qui en font un pays clé pour la transition verte, l’intégration régionale et les chaînes de valeur régionales. Pourtant, ces potentialités restent en grande partie non réalisées, comme en témoigne une croissance inférieure à la moyenne régionale, des performances modérées en matière d’investissements privés et des classements en deçà de la moyenne africaine dans les indices de gouvernance et de compétitivité.
Les travaux récents du FMI montrent que les contraintes d’accès au financement et les déficits d’infrastructures pèsent fortement sur la croissance et le revenu : combler les écarts de développement financier et d’infrastructures du Cameroun par rapport à la moyenne de pays comparables serait associé à une hausse du revenu par habitant de l’ordre de 28 %, voire jusqu’à 45 % dans les scénarios les plus ambitieux. À elles seules, la fermeture du déficit d’accès à l’électricité et l’amélioration de l’accès aux institutions financières pourraient entraîner des gains de revenu par habitant estimés respectivement à 11 % et 17 % à long terme.
Même au niveau actuel de développement financier et d’infrastructures, le revenu par habitant resterait inférieur d’environ 6 % au niveau prédit par les fondamentaux du pays, ce qui souligne le coût des inefficiences et des faiblesses de mise en œuvre.
L’Union européenne et ses États membres, dans le cadre du programme Global Gateway (150 milliards d’euros pour l’Afrique) et de l’instrument NDICI – Global Europe, ont déjà engagé des financements importants au Cameroun, notamment dans les secteurs de l’énergie (Nachtigal, futur Kikot), des transports et corridors, du digital, de l’agro-industrie et du commerce.
Toutefois, les analyses conjointes UE–Cameroun montrent que la construction d’un pipeline de projets structurants ne suffit pas : la confiance des investisseurs dans le climat des investissements, la stabilité du cadre réglementaire, l’efficacité administrative, la gouvernance et la crédibilité des réformes sont devenues des conditions déterminantes pour mobiliser les garanties EFSD+, les instruments de blending et les capitaux privés.
Les échanges dans le cadre du dialogue économique UE–Cameroun ont mis en évidence plusieurs contraintes majeures : justice commerciale et exécution des décisions, retards de paiement et gestion de la dette intérieure de l’État vis-à-vis des entreprises, complexité de la commande publique et des garanties, lourdeurs administratives et fiscales, insécurité foncière, accès difficile au financement, lenteur de la préparation et de l’exécution des projets, ainsi que des signaux de gouvernance, notamment la liste grise du GAFI - Groupe d'action financière, la suspension de l’EITI – Extractive Industries Transparency Initiative, et le « carton rouge » IUU - Illegal, unreported and unregulated fishing, susceptibles de peser sur la perception du risque pays.
C’est dans ce contexte que la Semaine UE–Cameroun des affaires prévoit un panel de haut niveau sur le climat des investissements et l’environnement des affaires, afin d’engager un dialogue franc mais constructif entre le Gouvernement, les organisations patronales et les investisseurs, en vue d’identifier un agenda ciblé de réformes permettant de transformer le potentiel du Cameroun en investissements et emplois concrets.
Objectifs
Mettre en évidence l’écart entre le potentiel du Cameroun et les résultats actuels en matière d’investissements privés, de croissance et d’industrialisation, en s’appuyant sur des analyses comparatives, notamment celles du FMI et de pays régionaux tels que la Côte d’Ivoire.
Identifier ensemble les principales contraintes qui freinent l’investissement dans les secteurs prioritaires : énergie, transport & logistique, digital, agro-industrie et commerce.
Présenter les réformes déjà engagées par le Gouvernement pour améliorer l’environnement des affaires, ainsi que les appuis possibles des partenaires, notamment européens.
Faire ressortir quelques réformes prioritaires, à court et moyen terme, sur lesquelles un consensus peut se dégager.
Consolider un dialogue public-privé régulier sur le climat des affaires.
Résultats attendus
Une vision partagée des principaux freins à l’investissement privé et des progrès déjà accomplis.
Une meilleure comparaison de la position du Cameroun par rapport à certains pays de la région.
Une liste courte de réformes prioritaires à fort impact : sécurité juridique, délais de paiement, simplification et digitalisation des procédures, fiscalité pro-investissement, foncier, accès au financement et efficacité des infrastructures.
Un épaulement de principe à poursuivre le dialogue public-privé dans un cadre structuré, régulier et orienté résultats, associant le Gouvernement, les organisations patronales et les partenaires techniques et financiers.